jeudi 21 janvier 2016

Retour dans l'atelier de poterie

On dit que janvier est la période tranquille parce qu'il n'y a pas trop d’événements autour de la poterie (du moins, à la campagne.) Mais ce n'est pas vrai de tout ! Dès notre retour du marché de Noël de Cherbourg, il fallait rattraper les activités administratives que j'ai un peu négligées pendant tout le mois de décembre. Et surtout, janvier c'est le mois où on doit préparer toutes les inscriptions aux événements auxquels on veut participer au cours de l'année. Aussi, avec la reprise des cours avec les enfants, j'ai décidé de passer un peu de temps sur la fabrication des exemples, afin que les enfants puissent plus facilement suivre mes conseils et se faire une meilleur idée de l'objectif de chaque séance. Bref, tout ça m'a pris du temps.

Cette semaine j'ai enfin pu passer plus de temps dans l'atelier, et comme il me reste un peu de stock après le marché de noël (eh oui...), je me sens libre de créer un nouveau châtophore.

La base de ce châto est faite à partir de 3 cylindres couchés, et 
2 tubes debout. Après leur assemblage, j'ai commencé à faire 
la découpe des fenêtreset j'ai testé la capacité d'y insérer
 une petite lampe led.


Sur le cylindre central, j'ai rajouté une tour au colombin. 
J'ai ensuite fait d'autres découpes et j'ai rajouté des arc-boutants.


Au fait, j'ai commencé à imaginer la structure du châtophore en décembre quand je me suis arrêtée pour admirer les arc-boutants de l'église à Cherbourg (ci-dessous.) De plus, je venais de terminer la lecture de Les Piliers de la terre, un roman qui tourne autour de la construction d'une église gothique. Tout ça m'a donné envie d'intégrer certains éléments de cette architecture dans le prochain châtophore.


D'accord, structurellement, mon châtophore n'a nullement besoin
des arc-boutants. Et même si l'idée d'un cylindre central avec deux 
cylindres adjacents vient aussi des églises, il est loin d'être 
une églisophore,  J'ai voulu poursuivre l'idée de boiseries que j'ai un peu 
travaillé dans le dernier châtophore, et je trouve que ça change tout
le caractère de l'objet. 


C'est pas encore fini, mais je le teste de temps en temps avec ma bougie
 électrique et ma petite lampe led. Je dois faire attention à leur laisser assez
de place,en prenant en compte le rétrécissement de la terre à la cuisson.


Il me reste encore beaucoup de détails à peaufiner, partout où il n'y a pas
de "boiseries." Et ensuite, le défi de l'émaillage. En somme, au lieu 
de glander devant l'ordinateur, je devrais retourner au châto !

Mais avant ça, pour compléter votre vision de la vie à 
l'Atelier Khnoum, je vous laisse avec quelques photos de...

...LA NEIGE !!!


Il reste encore un peu de neige par terre, et dans la belle lumière 
du matin on a l'impression de vivre dans un royaume enchanté.


Sinon, c'est vrai qu'il fait froid,
sauf sur la couette, dans un rayon de soleil : 

Certaines savent comment passer l'hiver.

mercredi 9 décembre 2015

Châto-phores et autres céramiques

Ça y est, le marché de Noël à Cherbourg à commencé. La préparation du marché a été assez intense, mais avec des résultats concrets : c'est la première fois que j'ai autant de stock. Ceux qui viennent nous voir sur le marché trouveront, entre autres...

la série "terroir"                                       la série "café-crème"

les séries blanches

des tirelires                                                des jeux













Et des photophores, dont des "châto-phores"

Dans le grand château, il y a des emplacements pour 8 bougies chauffe-plat. Dans les petits, on met une seule bougie. J'ai déjà créé des châteaux de ce genre en juin, mais depuis je n'ai pas eu le temps d'en faire, car chaque château demande plusieurs jours de création. La base est composée de formes tournées, et l'assemblage, le découpage et la décoration doivent être faits quand la terre est à la bonne consistance.
Chaque tour du grand châto-phore a un style différent, comme si un premier roi avait construit la première tour et ses successeurs avaient ajouté les deux autres, avec un nouveau architecte à chaque fois. Comme l'ensemble est recouvert  d'un émaillage assez sobre, on peut apprécier les travaux de chaque architecte. Entre les trois tours, je préfère la plus haute (photo à gauche), où j'ai rajouté un tronc d'arbre en guise de support pour le balcon. Ensuite, j'ai suivit l'idée des branchements dans mes découpes. Après, j'ai joué un peu plus avec la thématique de l'arbre sur l'un des petits châto-phores (photo à droite,)


Après le marché, je serai prête à attaquer un nouveau projet dans ce style : un château pour la reine des dryades.
Quoi ? Les dryades n'ont pas de reine ? Quelqu'un qui peut se transformer en arbre n'a pas besoin de châteaux ? ...Allez, laissez moi mes doux délires sous l'influence du vin chaud du marché !

vendredi 20 novembre 2015

La valeur du geste

Note de Khnoum : Aujourd'hui c'est A. l'auteur du billet ! Il travaille depuis un certain temps sur la création de jeux en céramique. Chaque jeu a de nombreuses pièces. Certaines sont simples, d'autres plus élaborées.  Entouré de toutes ses pièces, il a fait une pause pour partager ses pensées...

L'acte de création occupe les heures de mes jours. De geste en geste, les pièces s'alignent et les rangs s'allongent. Mais quel est la valeur du geste ? Augmente-elle avec chacune des innombrables itérations ? Dans une autre vie, le perfectionnement du geste suffisait… une vie d'artiste peut-être. Quoi qu'il en soit, une vie révolue. Mon présent suit un autre cours; les gestes, ainsi que leur fin, sont différents.

L'Atelier Khnoum se prépare pour le Marché de Noël de Cherbourg et moi aussi.

 Pièces du jeu d'omok en cours de création.

Nous vivons dans une époque où la valeur des choses est non seulement circonstancielle, mais aussi abstraite. C'est en particulier mis en évidence dans le cas de l'expression créatif.

Je ne saurais dire si mon geste prend de la valeur avec chaque répétition… Sans doute que non, ou alors seulement dans la mesure de leur contribution à la totalité de chacune de mes créations, si infimes et simples qu'elles puissent-être.

Mes pièces seront peut-être appréciées à leur juste valeur. Quoi qu'il en soit, il est temps de faire mes étiquettes de prix.

Ensuite, je retournerai à la répétition du geste.

Jeu d'omok

mercredi 28 octobre 2015

Atelier Khnoum en Automne

Presque le mois de novembre ! Cette année on ne fêtera pas Halloween comme on a pu le faire d'autres années (2012, 2011). A. m'a suggéré de faire des masques, et nous les avons fabriqués la semaine dernière, mais ils ne seront jamais cuits et émaillés à temps.

Le masque d'A.sera encore plus intriguant une fois sa moustache en place.
 Elle sera en fibre naturelle, contribuée par notre voisine qui fait du filage.

Et j'espère que l'émaillage du mien permettra de mieux
différencier entre le coté lune et le coté soleil.

Bon, pas de déguisement pour Halloween, mais P. m'a appris hier que le Carnaval à Granville est un événement à ne pas rater. Du coup je me dis qu'au lieu d'avoir une semaine de retard sur le déguisement, nous avons plutôt quatre mois d'avance !

En parlant de Granville, nous y serons aussi pour Halloween, car Atelier Khnoum expose au Salon Matières Libres du vendredi 30 octobre au dimanche 1 novembre. C'est un salon des métiers d'art et de la création; si vous aimez les belles choses, venez voir les créations (verre, bijoux, vêtements, boiseries, céramiques, maroquineries, meubles, sculptures...) à la salle de Herel, Boulevard des Amiraux Granvillais.

plus d'infos dans cet article

Je voulais absolument tester deux émaux avant le salon.

Ces vases sont recouverts du nouveau tenmoku...


.... et ces tirelires ont baigné dans le nouveau bleu.


Tout va mieux au niveau de mes émaux depuis que j'ai rallongé le palier final dans mon cycle de cuisson. Quand j'ai changé de four (à mon arrivée à Ger), mes émaux ont développé plus de trous d'épingle. Avec un palier de 45 minutes à la fin de la montée, je n'en ai plus. En plus, mon émail craquelé, qui était jusqu'alors un peu laiteux et/ou rugueux est devenu carrément transparent et brillant.

Après le salon à Granville, je vais avoir tout le mois de novembre pour préparer le marché de noël à Cherbourg. Si j'ai négligé le blog ce dernier temps, c'est surtout parce que je veux être sûre d'avoir suffisamment de stock pour le marché ! Les jours ne sont jamais assez longs (avec, de surcroît, la nuit qui tombe de plus en plus tôt !) pour accomplir tout ce que j'ai de prévu - tournage, finitions, émaillage, cours...

En plus des cours au musée, je vais bientôt donner un cours de poterie pour débutants à la bibliothèque de Mortain. Le cours adulte sera le vendredi 6 novembre et le cours pour enfants le samedi 7 novembre (Inscriptions à la bibliothèque ou par téléphone au 02 33 59 75 65 ). Si vous avez des bons souvenirs de la pâte à modeler, c'est le moment de prendre votre téléphone et de réserver votre place !

A vrais dire, si je n'ai pas écrit un billet depuis quelques semaines c'est aussi que mon temps libre est consacré aux balades ou à la cuisine, les deux étant souvent liées en cette saison. J'ai fais tellement de crumbles avec les pommes ramassées qu'on s'est dit qu'il va falloir refaire des pies, pour changer. Nous avons ramassé des noisettes et des châtaignes. Comme il n'y en avait pas là où j'ai grandi, c'est complètement nouveau pour moi. Je suis ravie de manger des châtaignes bouillies. C'est tellement simple, tellement bon !

Avant

Après

On pourrait penser que je me promène uniquement pour manger, mais en fait non, c'est aussi pour nourrir mes sens en général. Les arbres sont de toutes les couleurs en ce moment, et le ciel aussi. L'air change d'odeur et de texture selon l'heure et la météo. Et le cri des chouettes annonce la tombée de la nuit.


jeudi 24 septembre 2015

Un dragon de plus dans l'Atelier Khnoum

Le mois de septembre passe comme un éclair, rempli de cours avec les enfants, de production de poteries, et de collecte des pommes.

Les enfants, dans mes trois cours de TAP, créent des châteaux et des personnages autour du thème du moyen âge. Ce dragon se sèche les ailes avant d'affronter le feu du four.


Avec les enfants qui viennent au musée, on a pu faire des tours basées sur des tubes extrudés avec la boudineuse (machine évoquée dans ce billet). Voici la tour faite par P. qui sera cuite en raku afin d'introduire cette technique aux enfants.

J'adore le personnage avec la parapluie au dessus des mâchicoulis - c'est une tour normande !

A. aussi contribue au succès des cours pour enfant. Il m'a fabriqué des tampons en forme d'épées et de boucliers qui ont un grand succès avec les enfants.

Il travail également sur des marionnettes et des jeux. Ses premières marionnettes sont simples, et pourtant, elles ont énormément de personnalité !


En plus des cours d'enfant et des cours individuels, je vais bientôt commencer à donner des cours pour adultes le lundi soir au musée. Je suis ravie de reprendre ce groupe de personnes qui ont déjà appris beaucoup de choses avec Vincent Bellanger l'année dernière et qui sont passionnés de céramique.

Entre les cours, j'essaye d’augmenter ma production, sous le regard critique du chat.


Et quand le soir tombe, on déguste les produits du terroir. 
L. nous a donné un chou de son jardin ;  nous n'avons jamais mangé un choux si doux - délicieux !


Pour le dessert, en ce moment c'est crumble ou pie. Nous testons petit à petit tous les pommiers du jardin et du musée. Certains sont trop acides (pommes à cidre), mais d'autres sont parfaites pour ces déserts ! 


Comme quoi, la vie est belle !

dimanche 6 septembre 2015

Fête des potiers, Ger 2015

Lors de la fête des potiers, j’étais contente de rencontrer quelques personnes qui suivent le blog. Merci pour vos visites et pour votre lecture !



 

Les deux jours du weekend ont été bien chargés avec la soirée du feu le samedi et le marché de potiers le dimanche. Certains sont arrivées en avance le vendredi afin de démarrer la construction de leur four et/ou de le bassiner (sécher et chauffer.) Ici on voit le début de la construction du four à raku créé par l’association Terres d’échange.
Dès samedi matin, il y avait encore plus de de potiers sur le site. Avec A. et Aurélien Sitolle, de la Poterie de Joganville (superbes faîtières, plaques de maison, etc.,) nous avons travaillé sur la construction d’un four gallo-romain. L’alandier et la base ronde du four existaient déjà, construits par d’autres personnes les années précédentes.


 Nous avons nettoyé un peu autour de ces structures. Ensuite, nous avons enfourné quelques pièces – rien de très précieux, car c’était notre première cuisson à bois dans un four inconnu. La prochaine étape était de monter un dôme de briques (colmatées de barbotine) au-dessus des pièces afin de refermer la chambre de cuisson. Nous avons hésité à faire une pente raide, de peur que le dôme s’écroule mais, de ce fait, le dôme devenait trop grand ; du coup, au lieu de finir le dôme en briques, nous avons rajouté un toit plat composé de tuiles reposantes sur des barres de fer.
Nous avons eu un peu de mal à démarrer notre cuisson. L’alandier étant étroit, P. nous a conseillé d’alimenter le feu sur les côtés, en laissant un passage d’air assez important, et sur ce conseil le feu a bien démarré. Le four a commencé à sécher. Quand les briques (et la barbotine, forcément) sont humides, il faut mieux bassiner (sécher) le four un peu avant de tenter la montée de la température. On s’est dit que l’année prochaine il serait mieux de commencer le vendredi, afin de pouvoir démarrer la montée en température tout de suite le samedi après-midi. Cette fois, nous n’avons réussi à faire sortir une belle flamme de la cheminée qu’après la tombée de la nuit.

Finalement le four n’est pas monté à une température assez haute pour faire cuire nos pièces. Au lieu d’être une déception, c’est motivant : ça donne envie de construire d’autres fours à bois !
A la soirée du feu, on a justement l’opportunité de s’inspirer en regardant plein de types de cuissons différents. Une fois notre feu en route, on avait le temps d’aller voir les autres fours. Il y avait beaucoup de fours intéressants, et je ne peux pas tout lister ici sur le blog, mais voici une courte description de certains fours...

Le four bouteille


A la cuisson, le feu jette une lumière fantastique à travers les bouteilles. Leurs goulots se déforment et s’écoulent en filets de verre.

Le micro-four 



Juste assez de place pour une pièce à la plaque ! Mathilde Clerc, qui a construit ce four, ne fait que des cuissons à bois - vous pouvez vous faire une idée de sa belle production en visitant son site.




Le four à papier



Autour d’une structure en bois ou métal on construit un tipi en papier et barbotine qui, à la cuisson, forme une espèce de coque qui résiste aux flammes.








Il s’avère qu’on n’est pas obligé de construire ce genre de four en forme de tipi. On peut aussi le construire en forme de dragon !

Le four raku au bois



Ici on voit que la porte de défournement est ouverte afin d'enlever une pièce chaude. Sorties avec des pinces, les poteries étaient ensuite déposées dans des tas de sciure pour l’enfumage.






Le four portable



Trois grands anneaux (tournés !) formaient la chambre de cuisson du four. Ce contenant, surplombé d’une cheminée, était ensuite couverte de barbotine.


C’est ce four qui a produit les résultats les plus intéressants. Relativement tôt dans la soirée, une jolie flamme sortait de la cheminée et ceux qui tenaient le four disaient qu’ils l’ont fait monter à plus de 1200° en 4 heures. Pas mal ! Dimanche on a vu de très jolis pots en grès sortis de ce four.







Je vous encourage à visiter le facebook de Jérome Colivet où on trouve plus d'infos sur ce four et le travail de ce potier en général.






Le four à pain


Eh oui, en plus des fours à poteries, il y avait des cuissons de pain dans un four construit par la famille qui habite le Earthship Perrine, à Ger.

Il y avait aussi des danseurs qui intégraient le feu dans leur spectacle et une fanfare qui contribuait à l’ambiance festive. J’étais impressionnée par le nombre de visiteurs – c’est génial de voir autant de monde attiré par la poterie !

Il y avait beaucoup de monde le dimanche aussi. Ce jour-là je faisais des initiations au tournage à l’atelier et A. tenait le stand sur le marché. Il y avait une trentaine de potiers, je crois, mais à vrai dire j’ai passé très peu de temps sur le marché, car beaucoup de gens – adultes et enfants - voulaient essayer le tournage ! J’adore faire découvrir le tournage, parce que tout le monde aime la sensation de la terre tournant sous ses mains et (même pendant une initiation très courte) on voit la personnalité de la personne dans son bol. Il y en a qui vont faire des bols hauts (souvent tordus !), d’autres qui font des bols costauds sans trop d’ouverture, d’autres qui finissent par faire des mini-assiettes...

Pendant que je m’amusais à voir les gens apprécier la terre, A. prenait un coup de soleil et faisait plein de ventes sur le stand (merci !). A la fin de la journée, j’étais ravie de voir que le château photophore (photos dans ce billet) était parti. J’espère que sa nouvelle propriétaire sera contente de la lumière émanant du château!

En somme, pour résumer le weekend :
  • Il y avait plein de fours intéressants !
  • L’année prochaine, on pourra faire mieux sur notre propre four. L’expérience de cette année donne envie d’expérimenter plus (avant la prochaine soirée du feu) avec des fours à bois !
  • Le marché était similaire aux autres – pas décevant du tout, mais je me dis que j’ai encore beaucoup de boulot devant moi. Je suis inspirée par les autres potiers qui connaissent vraiment bien leur public et font des stands superbes.
  • Le public était très impliqué ! Certains de mes élèves sont venus et j’ai revu des gens qui avaient visité le musée. Dans mon atelier, j’étais étonnée du nombre de gens qui voulaient faire du tournage. Et il y en avait d’autres qui venaient juste pour regarder. Vraiment, beaucoup d’enthousiasme !
  • Nous avons fait de belles rencontres autour du feu et sur le marché ! C’est la première année que nous faisons les marchés en Normandie, et j’apprécie l’accueil chaleureux des potiers locaux.