lundi 3 avril 2017

Semaines mouvementées

Pendant les trois dernières semaines de la pépinière, j'ai fait deux cuissons par semaine afin de vider l'atelier, rendre les dernières pièces aux élèves, et faire un peu de stock en préparation de l'ouverture de mon atelier à Pontrieux.
Bizarrement, c'est aussi devenu une période d'expérimentation :  j'ai fait quelques objets un peu plus larges que ce que je faisais d'habitude (comme ce bol à fruits d'environs 45cm de large) et j'ai testé le grès rouge de Bourgogne. C'est une terre que j'ai découverte grâce aux participants des cours du lundi soir au musée ; je suis très contente des bols à cidre faits avec cette nouvelle terre !

J'ai fait plein d'autres découvertes grâce au groupe du lundi. J'ai approfondi certaines techniques afin de pouvoir les faire en cours. Ensuite leurs envies et inspirations m'ont montré des nouvelles choses à poursuivre. C'est frappant quand on introduit des techniques et que l'élève se les approprie pour faire une pièce qui lui appartient totalement.

Par exemple, on avait fait des petites tasses
(vraiment mini : taille espresso) "déformées" en mode pot-pincé ... 


... et on avait parlé d'émaillage avec réserves (zones protégées de l'émail, en vue d'une cuisson raku.)
Résultat : M.M. a fait cette grande pièce qui combinait parfaitement les deux techniques. Dans la première photo, on voit sa pièce avant la cuisson.



Les gommettes empêchaient l'émail de couvrir toute la pièce 
et la cire protégeait la partie supérieure. Le résultat en raku était magnifique ! 


Et c'est juste un exemple parmi tant d'autres. En somme, je suis désolée de ne plus faire les cours au musée - à 2h30 de Pontrieux, c'est trop loin ! Heureusement, M.P. reprend les cours et le groupe pourra continuer leurs explorations de la céramique !

Le déménagement a commencé entre les dernières cuissons et les derniers cours. Ayant plusieurs semaines pour le déménagement, nous avons tout transporté en plusieurs voyages dans notre petit utilitaire. Quand je déménage, je pense, "Je suis arrivée en France avec un sac à dos et une guitare. Comment j'ai fait pour acquérir tout ça ?!" (sous-texte : qui a tourné tout ces pots ?!). Ensuite, je pense au projet "Material World" par Peter Menzel, photographe qui a immortalisé des familles partout dans le monde devant leur maison et leur possessions.

En tout cas, ça fait du bien de se poser maintenant à Pontrieux. ...Sauf qu'on ne se pose pas trop parce qu'il y a du boulot !


L'espace qui sera dédié à l'exposition des poteries était jaune, vert, et orange. A. a fait des recherches sur le meilleur moyen d'enlever le papier peint et il s'avère qu'il suffit de l'asperger avec de l'eau chaude. Une fois le papier enlevé, il faut laver les murs avec un mélange d'eau chaude et vinaigre afin d'enlever la colle.

Ensuite, on fait une pause pour photographier...


...la pâte à reboucher. On s'amuse comme on peut.

Ensuite, peinture. Pour l'instant il n'y a que la sous-couche, mais l'aspect de la salle a déjà une toute autre allure !


En parlant de peinture, nous avons acheté la peinture chez peinturokilo.com et si j'en parle c'est parce que leur service client est top. L'un des seaux de peinture s'était brisé, mais je l'avais remarqué seulement après le départ du livreur. Un coup de fil à l'entreprise et c'était tout de suite réglé; ils ont envoyé un nouveau seau.

En parlant de papier peint, dans la maison il y a aussi les restes des jolis papiers des années.... 20? 30? 40? Ce n'est pas ce que je voudrais dans ma maison, mais je les trouve quand même beau.
Oui oui, au tour de ce beau papier on dirait du plancher et de la veille isolation. C'est qu'on a découvert le papier peint quand nous avons enlevé tout le plancher de la future cuisine.
A l'achat de la maison ce sol était recouvert d'une veille moquette et on se doutait qu'il y aurait peut-être du plancher pourris dessous. Après réflexion, on a décidé de refaire le sol.

Quand je pense qu'en janvier je pensais peut-être pouvoir ouvrir pour les JEMA  - c'était ce weekend! Samedi nous sommes allés voir quelques artistes à Pontrieux qui exposaient dans le cadre de cet événement. Nous avons beaucoup apprécié l'installation de Laurence Maillard où de nombreux personnages en fil de fer et papier dansaient suspendus par des fils quasi invisibles tandis que leurs ombres flottaient sur le mur. Je n'ai pas pris de photo, mais voici l'image sur sa carte, pour vous donner une idée.



Et dimanche, je suis retournée à Ger afin de participer au JEMA de Terres d'Echange. Nous avons fait des tasses engobés. C.B. nous a initié au transfert des dessins faits sur une plaque de plâtre (voir visage ci-dessous) et à la technique "mocha tea" (voir tasse de droite ci-dessous.)


Comme à chaque fois, l'activité de l'association était super et j'ai bien envie d'y retourner pour la prochaine activité autour de l'enfumage !



lundi 20 février 2017

Réduction en four à gaz

Jusqu'à présent je n'avais jamais fait de cuisson en réduction dans un four à gaz. Je fais mes cuissons en oxydation dans un four électrique. Avec les deux types de cuissons on peut obtenir des effets différents car la présence (oxydation) ou l'absence (réduction) d'oxygène peut impacter les émaux. Par exemple, avec une cuisson en oxydation, un émail au cuivre sera vert, tandis qu'en réduction il pourra être rouge. Dans le four électrique, on est limité aux cuissons en oxydation car il n'y a pas de combustion à l'intérieur du four, qui est chauffé par des résistances. Dans un four à gaz ou un four à bois, la combustion se passe à l'intérieur du four et si on réduit l'apport en oxygène, la flamme va chercher l'oxygène nécessaire à la combustion dans les émaux. Ça change la composition chimique des émaux et produit des couleurs différentes.

Ça aurait été un peu dommage de quitter la pépinière sans avoir fait de cuisson en réduction - d'autant plus que le musée a récemment acheté un four à gaz flambant neuf. La semaine dernière j'ai enfin pu apprendre à faire une cuisson dans ce four, et c'étais à la fois simple et compliqué.

Première complication : je n'avais pas d'émaux pour réduction. J'ai donc cherché des recettes et surtout des recettes comprenant des ingrédients que j'avais déjà dans l'atelier. J'ai pas mal de livres avec des recettes d'émaux et on en trouve aussi sur internet. J'ai choisi un rouge de cuivre, un bleu de fer, un shino, et un céladon.
Deuxième complication : normalement, pour tester un nouvel émail, je glisse une tuile et/ou un petit bol couvert de cet émail dans une de mes cuissons, ce qui évite de fabriquer beaucoup d'émail pour rien. Cette fois-ci j'ai du remplir le four avec des pièces couvertes de ces quatre émaux inconnus. J'ai donc choisi des pièces biscuitées qui traînaient dans l'atelier depuis des mois (des trucs un peu moins réussis.) J'ai laissé de la marge aux pieds des pièces au cas où les émaux couleraient.
Troisième complication : c'était la première cuisson en réduction dans ce beau four avec réglage automatique ou manuel, et avec P. nous avons découvert ensemble comment gérer la réduction.

Première simplicité : Ce que j'appréhendais toujours dans la cuisson à gaz (par manque d'expérience) c'est de ne pas bien gérer l'arrivée du gaz. C'est un peu ridicule, car tout ce qu'il faut faire c'est ouvrir une vanne et gérer la pression.
Deuxième simplicité : En bas, le four a quatre brûleurs. A l'arrière il y a une série de cheminées, dont les sorties sont juste en dessous de la hôte du four. Pour créer un atmosphère réductrice, on ferme partiellement le registre du four, couvrant en partie les sorties de cheminée. Cherchant l'oxygène, la flamme sort par les cheminées. Quand on voit cette flamme, bleue ou verte selon la composition des émaux, on sait que la réduction est en cours.

Ici, le registre est à moitié fermé et on y voit les flammes.

Si on ferme trop le registre, la température stagne. Pour monter, on peut augmenter la pression ou rouvrir un peu le registre. Si les flammes à la sortie des cheminées disparaissent, c'est qu'on est retourné en oxydation.

Petit hic :  nous sommes passés de cuisson automatique en cuisson manuelle, au milieu de la cuisson. Il y avait un petit temps mort pendant lequel la température a baissé et nous sommes retournés en oxydation. Nous avons ensuite redémarré le four, la température a remonté et nous avons redémarré la réduction.

En ouvrant le four, j'ai trouvé...

...un beau shino. Plus c'est épais, plus c'est blanc.
Posé assez finement sur du grès de Treigny, on a un beau teint orange.


...un bleu de fer pas bleu du tout ! Il est vert comme des haricots trop cuits.
Sur les pièces où j'ai superposé shino sur bleu de fer,
il y a une zone bleu-grise, pleine de cloques !


...un céladon raté sur le vase posé en haut du four, mais pas mal sur 
les assiettes du bas sauf qu'il est très gris. Dans les deux cas, c'est du grès de St. Amand ;
à mon avis, il serait mieux sur une terre plus blanche.


...un rouge de cuivre qui est devenu plus ou moins rose/bordeaux selon les pièces. Les assiettes posées au fond en bas du four sont bien bordeaux sur leur moitié en rouge de cuivre mais les bols posés plus hauts dans le four sont verts avec des points rouges. Les objets en grès blanc sont restés plus verts que ceux en grès de St. Amand.


Hmmm... qu'est-ce que ça veut dire, tout ça ? Il faudrait refaire une cuisson avec les mêmes émaux et sans retour en oxydation en haut de la courbe afin de voir si les émaux réagissent mieux. Ensuite il faudrait potentiellement changer la période de réduction, la courbe de cuisson, ou les recettes.

Je ne vais pas avoir le temps de faire tous ces tests avant de quitter la pépinière et je ne pense pas que je vais avoir un four à gaz dans l'avenir proche. Néanmoins je suis ravie d'avoir fait cette cuisson. Je comprends mieux à quel point la pratique est nécessaire pour contrôler et/ou prédire les résultats en réduction, mais je vois aussi que le déroulement de la cuisson est relativement simple. Qui sait, peut-être un jour j'aurai un four à gaz permettant de continuer ce genre de recherches. Et entre temps, je trouve l'expérience motivant sur d'autres niveaux. Ça me donne envie de poursuivre mes recherches en oxydation et d'approfondir d'autres types de cuissons, comme le raku et le pit-fire. En céramique, chaque découverte est une porte ouverte vers de nouvelles aventures !





jeudi 12 janvier 2017

Une nouvelle année !

Ça y est, c'est 2017 !

En janvier 2015, je suis venue pour la première fois à Ger pour un entretien avec l'équipe du Musée de la Poterie, et au printemps, nous nous sommes installés à la pépinière du musée pour une période de 23 mois. Depuis le début, j'avais le projet d'ouvrir une boutique à la suite de la pépinière. C'est facile de dire "j'ouvre une boutique," mais ensuite, il faut le faire. En octobre, sachant que la pépinière prendrait fin en mars, je commençais à avoir peur qu'on ne trouvera rien d'approprié.

N'étant pas sûrs, au début de la recherche, si un atelier en plein campagne était financièrement exclu, nous avons aussi passé du temps à regarder des choses inappropriées mais très attirantes, du genre...


C'est incroyable le nombre de jolies fermes et même des petits châteaux qui sont en vente pour "pas cher" (je suis encore habituée aux prix absurdes de la région parisienne) dans des coins magnifiques (c'est à dire, paumés.) Nous avons décidé qu'il n'y aurait jamais assez de passage à la boutique dans ces lieux et que la solution serait de devenir Roi et Reine non pas d'un château, mais d'une maison de ville.

A. a passé des heures, des jours même, devant l'écran à regarder des annonces immobilières. Car il s'agissait non seulement de trouver un village approprié mais aussi d'y trouver un bon emplacement pour que les passants trouvent facilement la boutique. Il a fini par trouver un lieu répondant à tous nos critères : boutique, logement, petit village sympathique !

Dès fin février on aura les clés d'une jolie maison avec boutique dans la rue St. Yves à Pontrieux !! On accède à ce village par une route sinueuse qui traverse la forêt ou, en été, on peut y aller en prenant le train à vapeur de Paimpol. Notre future boutique est dans la rue principale, juste à coté du pont qui traverse le Trieux. Dans le village on trouve artisans, petites boutiques, et restaurants (crêperie au bord de l'eau ; eh oui, c'est la Bretagne.) En plus du joli cadre, la particularité de Pontrieux c'est que toutes les maisons donnant sur le Trieux, la notre incluse, ont des lavoirs ; en été, les promenades en barque permettent de les voir.

photo grâce à ce site

Notre lavoir !

Si le lieu est décidé, beaucoup de choses restent à définir. Quel couleur pour la boutique ? Etc, etc, etc. J'espère pouvoir ouvrir la boutique en avril ou mai, mais ça dépendra de l'installation électrique (pour le four) et de tout le reste.

Et que se passe-t-il à Ger dans cette période sans marchés et avant l'installation à Pontrieux ? Je profite du calme dans l'atelier en faisant...

des objets en terre-papier et mousse

des pots à fleurs (composés de boules pressées dans un moule que j'ai fabriqué en grès)

d'autres moules en terre pour la création de tortues ou bols

des tirelires

et, bien sur, des mini-tortues mimis.

mercredi 7 décembre 2016

Explorations

Cet été j'ai suivi le stage d'Ana-Belén Montero (voir les stages d'été 2016) sur la fabrication des objets en terre papier, et particulièrement en porcelaine papier. Il s'agit d'un mélange d'argile et de papier (voir recette) et à la cuisson la partie papier part en fumée, permettant de faire des objets d'une extrême légèreté.

Lors du stage nous étions invités à napper toutes sortes d'objets organiques dans une barbotine de porcelaine papier. Chaque personne a apporté des choses à tremper dans la porcelaine : fleurs, plumes, pâtes, gâteaux apéritifs, coton-tiges, tissus, origamis, etc. La barbotine de porcelaine papier permet également de coller des formes déjà sèches entre elles. Les membres du groupe ont alors créé des formes par trempage ou modelage avec toutes sortes de choses collées sur les surfaces.

Le bol d'un autre membre du groupe, avec plein de plantes !

A la fin du stage, j'avais de nouvelles connaissances, une nouvelle sympathie pour la barbotine terre papier, et la tête pleine d'idées ! Je remercie Ana-Belén, qui est une excellente formatrice, apportant des connaissances techniques toute en stimulant la créativité.

Je suis également reconnaissant à Terres d'Echange pour les journées d'après-stage. J'aurais pu travailler la porcelaine papier dans mon atelier, mais c'est pas évident : je suis entourée de pains de grès, des morceaux de grès desséchés demandant à être reconditionnés, des seaux de barbotine de grès, du grès étalé sur plâtre... Lors de l'après-stage, avec les autres membres de l'association, j'ai pu me poser dans l'atelier du Musée et travailler sur les deux idées que je voulais revoir après le stage : les bols et les nids.


Les bols


L'année dernière, j'ai créé des bols en étalant du papier trempé dans une barbotine de porcelaine sur des ballons (voir ce billet) et le stage m'avais donné des idées pour améliorer ce genre de bol. Cette fois j'ai mis un chiffon au tour du ballon et j'ai ensuite trempé (plusieurs fois) cet ensemble dans une barbotine de porcelaine papier. Avant cuisson, j'ai retiré le ballon et le chiffon.


La réalisation de ces bols était beaucoup plus facile que la réalisation des bols en papier + barbotine de porcelaine, et le résultat est beaucoup plus régulier ; les autres avaient tendance à se déformer à la cuisson.

Les nids


Lors du stage, j'avais apporté un nid d'oiseau à tremper dans la barbotine. Ana-Belén m'a dit que ça serait dommage car on ne verra pas, après trempage, tous les détails qui rendent le nid intéressant. (A force de tremper des trucs dans la porcelaine, on se rend compte que cette remarque est vraie pour plein d'objets.) Elle a dit, ça serait peut-être plus intéressant de s'inspirer du nid.

Tiens, je n'avais pas pensé à ça.

Du coup j'ai essayé de coller de la mousse, des poils, des graines, et/ou des épis de blé sur le bord des formes. J'ai mis des gâteaux apéro sur certains pour leur donner des pieds (nids d'Oiseau-Baba-Yaga ?) et voilà le résultat.


J'ai tout cuit en mono-cuisson, à 1265°. J'avais appliqué un peu d'émail sur certaines pièces (le bol à bord brun, les deux pièces un peu brillantes parmi les nids.)

Clairement, il me reste beaucoup de choses à explorer. Je vais peut-être essayer faire des nids qui ressemble plus à des nids et je pense combiner l'idée de ballons couverts d'un chiffon avec celle d'une couche de papier trempé dans de la porcelaine papier... hmmm... il y a tellement de choses à faire !

Pour conclure, voici des instructions pour faire de la porcelaine papier (ou autre terre papier.)


Pour avoir une terre papier, on rajoute un pourcentage de papier à une terre. Nous avons travaillé avec 3% de papier, mais on peut en rajouter jusqu'à... à vous d'essayer : plus il y aura de papier, plus on va changer la consistance de la terre quand on la travaille, mais plus on aura de légèreté après cuisson. On peut aussi tester différentes sortes de papier ; nous avons pris du papier toilette, qui se désintègre facilement dans l'eau chaude.

     Instructions :
  • Mettez 1 kilo de porcelaine en poudre (porcelaine de coulage ou autre) dans un seau.
  • Pesez 30g de papier toilette, déchirez le, puis déposez le dans un seau.
  • Versez de l'eau chaude sur le papier. On peut le laisser se dissoudre tout seul ou alors l'encourager à l'aide d'un mixer.
  • Quand le papier est bien dissout, on le tamise pour éliminer l'eau.
  • Rajoutez de l'eau à la porcelaine de coulage pour avoir un barbotine épaisse - pas trop d'eau, car on va bientôt rajouter le papier humide.
  • Rajoutez le papier humide et mélangez : voilà une barbotine papier !
Pour avoir une plaque de terre papier à modeler/tourner, on peut étaler cette barbotine papier sur une plaque de plâtre et la laisser sécher jusqu'à la consistance voulue.

Revenez au début du billet

lundi 31 octobre 2016

Rencontres

Quand nous sommes arrivés à Ger, on nous a souvent dit, "vous n'allez pas vous sentir trop seuls ici ? Et l'hiver ?" Mais il s'avère qu'on fait beaucoup de rencontres et qu'on voit même, occasionnellement, des gens à Ger après le mois de septembre ! Nous avons plus facilement échangé avec les personnes ici que durant nos 10 ans à Paris (bisous à tous nos amis parisiens !), ville où l'état naturel est l'anonymat.
On voit moins d'humains dans la Manche...

 

 ...mais on fait des rencontres de qualité.

construction de four lors de la soirée du feu

Certains échanges commencent sur ce blog, et je tiens à remercier les personnes rencontrées à la boutique, sur les marchés, ou par email qui m'ont dit qu'ils le lisent. Ça fait plaisir de savoir que quelqu'un suit l'activité de l'atelier et j'espère que, de temps en temps, je partage des infos qui se révèlent utiles pour ceux qui touchent à la céramique !

Sur les marchés on rencontre beaucoup de monde, et parfois on revoit quelqu'un plus tard sur un autre marché ou à l'atelier. Ces personnes nous reconnaissent par mes poteries, par les jeux de A, par nos visages, ou encore par les conversations que nous avons pu avoir. C'est un plaisir dans tous les cas. Et parfois des personnes rencontrées sur des marchés viennent pour des cours. J'apprécie l'agréable ambiance de ces cours et la dynamique des familles dans l'atelier.

Toute l'année on voit les autres potiers et artisans du coin, surtout sur les marchés.  Etant naturellement un peu timide, lors de mes premières inscriptions je me demandais comment nous serions reçus par les autres artisans. J'avais tort de m'inquiéter, car les nouveaux artisans sont bien accueillis par les anciens qui donnent toutes sortes de conseils : où se garer près du marché, comment gérer les problèmes administratifs, comment éviter les trous d'épingle dans les émaux...

C'est encore plus sympa d'échanger avec d'autres potiers quand nous ne sommes pas au boulot, par exemple quand j'ai passé la journée à créer des assiettes avec les potiers de Terres d'Echange. Lors du  stage d'Ana-Belén en août, le fait de partager une semaine avec des personnes qui ont les mêmes centres d'intérêts que moi à été une expérience riche et inoubliable.

Je voudrais finir ce billet avec une image qui résume un peu l'esprit de partage entre les créateurs. Parfois un potier ou autre artisan (amateur ou pro) me donne un objet en remerciement d'un service quelconque ou tout simplement parce que je l'avais admiré. Ou parfois l'un de nous veut faire un achat et au lieu d'échanger des sous, nous échangeons des créations. Et c'est ainsi que je commence à avoir une petite collection qui me fait chaud au cœur !

Voici des liens vers les créateurs qui exposent/vendent leurs oeuvres :


dimanche 31 juillet 2016

L'arrivée du beau temps

Certains sont en vacance...

 .... tandis que pour nous, l'arrivée du beau temps signale l'arrivée des touristes. Du coup, les weekends, nous découvrons la Normandie en exposant sur des marchés et en semaine je m’entraîne au tournage avec des démos pour les visiteurs au musée.

Le weekend passé, par exemple, nous étions à Honfleur pour le marché de potiers. Etant actuellement à la recherche d'un atelier-boutique pour l'année prochaine, je regarde tous les villages, y compris Honfleur, d'un autre œil : je me demande comment ça serait d'y vivre, où serait le meilleur emplacement dans la ville pour un atelier, etc. En discutant de la ville avec A. après le marché, nous en avons conclu qu'il serait difficile de se garer, que l'immobilier doit être cher, et que la compétition entre les nombreuses boutiques doit être rude.

Vous avez déjà été à Honfleur ? On y rencontre beaucoup de touristes autour d'un petit port entouré de belles maisons à pans de bois ou couvertes de tuiles d'ardoise.









On y trouve également l'homme en blanc que j'ai vu tellement de fois à Paris (notamment sur la porte d'en face de l'atelier où je prenais des cours de tournage.)

En montant la colline, on déambule dans des petites ruelles entre des maisons bombées datant d'une autre époque. Le marché de poterie se tient sur la place St. Catherine, là où se trouve une église exceptionnelle. Elle est apparemment la plus grande église en bois de France et en rentrant dedans j'ai eu l'impression de voyager dans le temps. Notre stand était sur le flanc de l'église, et A. a pris cette photo des vitraux juste au bon moment !

C'est grâce à A. qui m'accompagne que j'ai la chance de pouvoir circuler un peu dans les environs des marchés, au lieu de passer tout mon temps derrière le stand. Il est bizarrement fatiguant de passer deux jours sur un marché, et c'est beaucoup plus facile à deux.

Hier soir nous étions à la fête Foksa Fourmille à Fontenai-les-Louvets, petite fête super conviviale avec des producteurs et des artisans locaux, des stands sensibilisant le public à des thèmes écologiques (consommation énergétique, identification des animaux sauvages, réduction des déchets), des concerts, des jeux et autres activités pour les enfants... Le public était très attiré par les poteries, ce qui nous change de certains autres événements qu'on a pu faire.

Dimanche et lundi prochain (7&8 août) nous serons sur le marché de potiers à Bricquebec, où à priori il s'agira aussi d'un public qui aime la céramique. Pour un aperçu du marché, vous pouvez regarder cette vidéo faîte par V. Rousseau.

Entre les marchés, les journées passent vite. Tout d'un coup il y a beaucoup plus de visiteurs aux musée et donc une partie de chaque journée est dédiée aux démos de tournage. J'apprécie le contact avec le public, car tout le monde aime voir du tournage et c'est enrichissant de discuter des techniques et de l'histoire de la poterie à Ger. En plus, j'en profite pour tester des nouvelles formes.

J'essaie aussi de faire quelques tests d'émaux, à la recherche d'un bleu qui me va.
 Je fais des tests avec du titane et de l'oxyde de fer, sans résultats concluants. Mais une discussion avec C. Bruckner m'a donné des idées à poursuivre, donc c'est reparti pour de nouveaux échantillons !

mercredi 8 juin 2016

A l'écoute dans l'atelier

Dans l'atelier, j'écoute beaucoup France Inter, et surtout l'émission d'Elsa Boublil, "Vous avez dit classique ?" Pour ceux qui ne connaissent pas l'émission, il s'agit d'un dialogue avec une personnalité (musicien, acteur, autre) où ils discutent des musiques (classique ou autre) qui ont touché l'invité au cours de sa vie. La musique est bonne et les parcours des gens sont intéressants. Et puis, il y a souvent du Bach.

Un jour un psychologue, invité à l'émission, a parlé d'une étude démontrant que l'écoute d'une musique enthousiaste peut rendre une personne plus optimiste et plus sûre de ses capacités. Depuis, je pense à cette étude dès que j'écoute un morceau de musique qui influence positivement mon travail.

En ce moment c'est la musique de Susumu Hirasawa qui me donne un élan particulier dans l'atelier. Hirasawa a fait la musique du film Paprika, et quand j'écoute Parade*, je suis emportée, non seulement par la musique, mais aussi par l'ambiance d'une scène dans ce film : cette musique fait le contrepoint sonore d'un défilé un peu fou.


Mais même si je ne connaissais pas le film, je pense que je serai sensible à cette musique qui est (chez moi) idéale pour le tournage et pour la création des châto-phores.

Le châto-phore qui attend la cuisson

Les jours d'émaillage, j'évite d'écouter les infos ou d'autres émissions radio, car ça peut être une distraction (et les nouvelles sont souvent mauvaises.) La dernière fois, j'écoutais The Weatherman en boucle. Je rentre très facilement dans l'ambiance de cet album qui est comme un road trip. Et puis, avec cette musique, l'émail s'étale correctement sur les pièces.

Par contre, en faisant le tournassage ou les rajouts sur les pièces tournées (anses, oreilles des tirelires, etc.) j'aime écouter des émissions radio. Sur France Inter j'aime la matinale, "Vous avez dit classique", et "D'ici D'ailleurs". J'écoute aussi La Tête au Carré, mais je suis parfois déçue de la qualité de l'émission ; je préfère Science Friday, mais je ne l'écoute plus dans l'atelier car je n'ai pas de connexion internet. Par contre, j'y écoute aussi des Ted talks téléchargés préalablement sur mon téléphone. Le contenu est extrêmement divers et, pour moi, la nature optimiste de ces présentations peut avoir le même effet que la musique euphorique.

En écoutant les Ted talks, j'ai collé deux morceaux tournés.
Un test avec un cône d'encens montre que le dragon saura cracher le feu.

Après quelques présentations sur la neuroscience
 (la communication, les rêves), le dragon attend la cuisson.

Ce n'est pas une liste exhaustive de ce que j'écoute dans l'atelier - ça serait trop long ! (Ah oui, j'ai oublié de dire que j'écoute aussi parfois des livres.) Je donne ces quelques exemples ici sur le blog parce que la musique ou les infos écoutées dans l'atelier sont importantes pour moi, et, je crois, pour beaucoup d'autres potiers.



*J'ai une faiblesse pour les défilés japonais. On en trouve non seulement dans Paprika mais aussi ici dans Pompoko ou ici dans Rêves. C'est la joie du défilé (même dans le défilé funéraire) qui me touche.