jeudi 21 mai 2015

Nouveau Logo pour Atelier Khnoum

La semaine dernière, G. m'a proposé de mettre en place trois panneaux annonçant la présence de mon atelier, avec le nom de l'atelier et un logo. Génial ! Mais comme je n'avais pas encore de logo, j'ai du en créer un.

Quand on ne sais pas faire quelque chose, il suffit chercher sur internet et on trouve des articles sur le sujet. Comme celui-ci, qui décrit le procédé pour la création d'un logo. J'ai appris qu'un logo doit être simple et mémorable. Il faut décider si on y inclut le nom de son entreprise ou pas. C'est comme un tatouage : il faut choisir quelque chose qui nous plaira dans 10 ans.

J'ai gribouillé des images sur le dos d'un papier trouvé dans la cuisine, mais il me fallait une version numérisée. J'ai appris que le mieux serait d'utiliser un logiciel de dessin vectoriel, et que Project Inkscape est un logiciel de ce type qui est open source (c'est à dire, gratuit.) Il y a quelques années, j'aurais hésité à utiliser un logiciel que je ne connaissais pas, persuadée que j'aurais eu du mal. Maintenant je n'hésite plus : on trouve des tutoriels en ligne expliquant les fonctionnalités et un nouveau logiciel fonctionnera probablement un peu comme un logiciel que je connais déjà. C'est le cas pour Inkscape qui ressemble à Gimp, donc j'ai pu m'en sortir en faisant des choses simples. Aussi, A. m'a beaucoup aidé : il m'a poussée à utiliser des fonctionnalités que je n'aurais pas découvert autrement et quand il me donne un coup de main, c'est plus ludique que de chercher dans un tutoriel. Il a également été (comme d'hab) mon conseiller artistique.

Comme je suis novice dans ce genre de chose, j'ai fait quinze mille versions avant de choisir une version finale :


Et ensuite, j'ai passé du temps à faire une version sans texte et en couleur pour mon avatar...

trop pixelisé ??

...et une version en bannière pour ALM et pour mon site web. Mais je dois admettre que je n'ai pas encore mis la bannière sur mon site. Ça prend du temps, tout ça - et au choix, je préférerais avoir les mains dans la terre !

La dernière chose qu'ils conseillent dans les articles sur la création de logo c'est de demander l'avis des autres. Vos commentaires sont les bienvenus !





lundi 11 mai 2015

Céramiques dans la boutique

Ça y est, je peux vous inviter à retrouver mes céramiques dans la boutique du Musée régional de la poterie à Ger !


Bientôt j'aurai également aménagé ma propre boutique, qui sera à coté de mon atelier. Mais pour ce faire, je vais devoir produire de nouvelles pièces - autrement je n'aurai pas assez de choses pour remplir l'espace ! De plus, il me faut du stock non seulement pour la boutique ici, mais aussi pour les marchés et pour le dépôt vente.

Depuis notre arrivée j'ai surtout travaillé sur des luminaires et sur une série d'objets avec des anses torsadées.


Je poursuis également la création de châteaux-fontaines :

L'eau sort en haut de la grande tour et coule de tour en tour.

Et A. s'active dans l'atelier aussi. Entre autres, il a créé une série de tampons très sympathiques. Certains sont spécialement conçus pour mes cours avec les enfants (le bonhomme, le smiley) tandis que d'autres devraient permettre de faire des bordures entrelacées sur les poteries. 


L'accueil au Musée continue d'être super. Plusieurs membres de l'équipe m'ont aidé avec l'installation des objets dans la boutique, D. m'a aidé à lancer ma première cuisson  (biscuit) dans l'un des fours du musée, et P. a offert de me montrer la technique de fabrication des moules en plâtre ! Il m'a expliqué quel type de forme je devais faire pour cette expérience, le mieux étant de commencer par une forme simple. Voici donc la forme que j'ai créée :


J'ai hâte que la pièce sèche afin qu'on puisse faire la séance de moulage !

lundi 4 mai 2015

Raku nu

Comme je disais dans le billet précédent, D. m'a proposé de faire une pièce en raku nu. Voici le déroulement de la création et de la cuisson :

1. Créez un objet... de préférence en terre chamottée. Polissez la pièce à l'aide d'une pierre bien lisse.

2. Faîtes une première cuisson (biscuit) de la pièce.

ma cruche après la première cuisson

3. Couvrez la pièce d'un engobe composé de kaolin (50%) et de silice (50%).

 D. en train de tamiser l'engobe

4. Couvrez la pièce d'un autre engobe, composé de frite n°1254 de Ceradel ( 90%) et de kaolin (10%.) 

Pulvérisation de la pièce à l'aide d'un pistolet à émaillage

Si on laisse des parties de l'objet sans engobe, elle noirciront pendant la cuisson raku. Par exemple, j'ai couvert l'anse de ma cruche avec une bande de cache avant la pulvérisation.

enlèvement de la bande de cache

5. Faites cuire la pièce dans un four à l’extérieur. Ici au musée, il s'agit d'un four a gaz avec un brûleur sur le coté. On remonte la température jusqu'à ce que la pièce ait un aspect liquide (vers 900° C.) Pendant la montée, on prépare à coté un récipient qui va servir à l'enfumage de la pièce. Nous avons utilisé un grill tapissé de papier journal. On a rajouté quelques poignées de sciure au fond.

6. Mettez des gants de soudeur, prenez la pince, ouvrez le four et saisissez la pièce pour la déposer dans le grill.




Le papier s’enflamme tout de suite - il faut refermer le grill rapidement !

La céramique refroidit, et le choc thermique crée des fissures dans la couche d'engobe et dans la pièce elle même. Ces fissures se remplissent du carbone généré par la combustion du papier et de la sciure.

On a obtenu des résultats plus intéressant on ouvrant le grill au cours du refroidissement pour y jeter de la sciure. Attention, quand on ouvre le grill, il y a des flammes et beaucoup de fumée !

7. Après un certain temps, quand on juge que tout le papier a brûlé, on peut sortir la pièce (en portant les gants pour se protéger de la chaleur.)

8. Faites sauter la couche extérieure d'engobe. Si tout s'est bien déroulé, elle sera fissurée et à l'aide d'un cutter on arrive à l'enlever facilement de la pièce. 

J'avais l'impression d'éplucher un œuf dur.

9. Quand on enlève la couche blanche, on révèle les jolies traces noires laissées par la fumé. Mais il reste encore des cendres et la première couche d'engobe sur la pièce. Donc, lorsqu'elle a assez refroidi, il faut la laver en frottant.

Suite à ce nettoyage, voici le résultat :


Les céramiques sont roses parce que la terre utilisée contient du fer. Il faut prendre une terre qui est blanche à la cuisson si vous souhaitez une coloration plus "typique" du raku nu.

Les pièces sont souvent cirées pour obtenir un meilleur éclat. Il me reste cette étape à faire, mais je suis déjà extrêmement contente du résultat !

Un grand merci à D., qui nous a guidé lors de la cuisson raku nu, et a A., qui a pris toutes les étapes en photo. 


dimanche 26 avril 2015

Premiers jours à la pépinière-atelier céramique

Nous sommes à Ger ! Lundi nous (A., la chatte, et moi) avons passé notre première nuit dans notre nouveau chez-nous. Il y a beaucoup de choses à faire avant d'y être réellement installés.

Coté maison, nous résidons désormais dans une maison de potier construite au début du 19e siècle. Personne n'y a habité depuis quelques années, à part des araignées. A. s'est transformé en tornade nettoyante; après son passage le sol brille. La chatte est déjà maîtresse des lieux; elle aime se planquer dans l'escalier. On ne la laisse pas sortir pour l'instant, parce qu'elle n'a pas l'habitude des jardins, mais pour l'instant elle regarde les oiseaux de la fenêtre avec beaucoup enthousiasme.

Coté atelier céramique, la terre que j'avais commandée y était déjà, et j'ai pu me mettre au tournage dès mardi. Je voudrais tourner des nouvelles formes avant les marchés d'été, et je sens qu'il faut me lancer maintenant si je veux avoir les pièces pour juillet/août.

Voici un premier aperçu de mon nouvel atelier.
 Je n'ai pas encore bien rangé toutes mes affaires, mais on voit 
que l'espace, les tables, et le tour (Shimpo - silencieux !) sont vraiment supers.

Ce n'est que le quatrième jour, mais le potentiel de la pépinière commence déjà à se matérialiser. Tout le monde est tellement accueillant. En particulier, D. m'a tout de suite proposé de faire une pièce en raku nu, et me donne tous les jours des conseils. Pour la cuisson raku nu, j'ai tourné une cruche et D. a tourné une jarre énorme. Il a déjà bien poli sa pièce, au point où on y voit presque le reflet de son visage. Je vous conseille de lire cet article sur le raku nu si vous, comme moi, n'avez jamais exploré cette technique.

Aussi, pour faire la suite de l'article précédent, voici une photo prise cette semaine qui montre l'évolution de la création de l'association Terres d'Echange.

Zoomez pour bien voir le personnage qui sort du hublot !

Il a bien progressé, non ?

Et enfin, je ferai remarquer à ceux qui me disaient qu'il pleut beaucoup en Normandie qu'il fait super beau :) Même ce matin quand il y avait de la brume au lieu du soleil, c'était comme un paysage de conte-de-fées. On entend le chant des oiseaux toute la journée et il y a des arbres fleurissants juste en dehors de notre cuisine.


Je suis ravie d'être ici au printemps !

jeudi 2 avril 2015

Les JEMA à Ger - La Suite

Comme promis dans le billet précédent, voici des photos prises ce weekend lors des JEMA au Musée régional de la poterie à Ger.

Pour l’événement, les céramistes membres de l'association Terres d'Echange ont travaillé sur une sculpture monumentale, avec un squelette en métal recouvert ensuite d'argile.

L'équipe est arrivée avec trois bidons. Ils ont rempli le premier d'eau et découpé un cercle dans chacun des bidons suivants. Ensuite, un des bidons troués a été placé sur le bidon plein.


Cette structure a été renforcée par des barres de fer et des points de soudure.


Un chapeau a été fixé sur le dernier bidon...

 
... qui a été rajouté sur les deux premiers. La fusée 
a commencé à prendre forme.


Ensuite, du grillage a été fixé sur la structure afin
de soutenir la première couche de terre.

Pendant ce temps, d'autres personnes ont travaillé sur un mélange de terre et de papier. Les fibres de cellulose dans la terre renforcent les objets crées avec cet argile; ainsi avec de la terre papier on peut faire des formes plus hautes tout en gardant des parois fines. On peut acheter des pains de terre de ce type chez les fournisseurs (par exemple, chez Solargil) mais on peut également la fabriquer soi-même. La première étape était de tremper du papier toilette dans des seaux d'eau et de malaxer le mélange pour obtenir une consistance homogène.


Ensuite, on a fait un mélange de faïence en poudre, d'eau, et de ce papier afin d'obtenir une pâte rélativement épaisse, mais plus humide que la terre qu'on achète en pain chez les fournisseurs. J'ai oublié de prendre des photos de cette étape - quand j'y ai pensé, j'avais déjà les bras couverts de boue rouge, car on la malaxé à la main.

Après, on s'est mis à recouvrir la structure. Le grillage était déjà couvert quand j'ai eu la présence d'esprit de me laver les mains et de prendre quelques photos. L'équipe avait déjà mis quelques bâches de protection, car la pluie était prévue pour le soir.




Avec A., on a du partir dimanche matin, donc on a raté les phases de finition. Mais le plan était de rajouter des décorations et de faire sortir des figures des trous dans le corps de la fusée. Il était également prévu de peindre la création avec des couleurs acryliques. J'ai hâte de revenir pour admirer le résultat final !

dimanche 15 mars 2015

Les JEMA à Ger

C'est le moment de réserver le 27, 28, ou 29 mars sur votre calendrier, afin d'assister aux Journées Européennes de Métiers d'Art au Musée régional de la poterie, à Ger !


Au cours de ces trois jours, l'association Terres d’échange réalisera une sculpture monumentale en terre crue montée selon différentes techniques de façonnage : tournage, travail à la plaque et aux colombins, estampage, modelage dans la masse, préparation de terre cellulosique, collage et assemblage. (Plus d'infos ici.)


Mes deux ans à la pépinière ne commencent que le 20 avril, mais A. et moi passerons déjà le weekend des JEMA au musée. J'ai hâte d'assister à la création de la sculpture monumentale, et je ne manquerai pas de mettre des photos sur le blog pour ceux qui ne peuvent pas y aller. Pour ceux qui y iront, ça sera l'occasion de faire connaissance !

Et si vous ne pouvez pas participer aux animations à Ger, sachez que lors des JEMA  il y a des portes ouvertes dans des ateliers par tout en France (et dans certains autres pays européens.) Suivez le lien si vous chercher des ateliers à visiter près de chez vous !

vendredi 6 mars 2015

Emaillage par pulvérisation

Jusqu'à présent, j'ai émaillé les pièces en les trempant dans un bain d'émail. Technique simple, car on n'a qu'à plonger les pièces dans le seau d'émail. Mais elle est également compliquée par les problèmes suivants :
  • Comment éviter les traces de doigts ? On peut tenir les pièces avec des pinces, mais je n'ai jamais aimé cette technique. Je fini par tremper les pièces en deux temps, ce qui évite les traces de doigts, mais crée souvent des inégalités au niveau de l'épaisseur de la couche d'émail.
  • Comment gérer une pièce qui est plus grande que le seau ? Comment faire quand l'émail est pratiquement épuisée et qu'il ne reste pas assez de profondeur dans le seau ? On peut contourner ces problèmes en versant l'émail sur l'objet, mais là encore, on risque d'avoir des épaisseurs différentes.
Sachant qu'on obtient une couche d'émail plus uniforme avec un pistolet à peinture à air comprimé, j'imaginais qu'un jour  j'aurais ce genre d'équipement. Mais je n'avais pas prévu d'en acheter dans l'immédiat, faute de cabine d'émaillage dans mon atelier actuel. Puis, cette année pour Noël, AI m'a donné un pulvérisateur manuel.


 Il est composé d'un pot qui contient l'émail, un petit tube qui descend du couvercle et qui permet à l'émail de sortir du pot, et d'une "paille". Quand on souffle dans la paille, une pluie fine d'émail est projetée sur l'objet.


J'ai utilisé cet outil pour la première fois lors de ma dernière séance d'émaillage. 
Voici les résultats :

Soliflores, sur ALM - Shigaraki et émail Iga

Vase, sur ALM 
Grès de St Amand et émaux tenmoku & transparent craquelé

Je trouve ces premiers objets émaillés au pistolet (enfin, à la paille) très encourageants ! J'ai très envie de continuer avec cette technique, sur toute sortes de formes.

Je suis également ravie de savoir que je vais pouvoir expérimenter plus avec l'émaillage en pulvérisation à la pépinière, car là-bas je disposerai d'une cabine d'émaillage ! La vapeur d'émail émise par mon nouvel outil artisanal est aussi nocive que le gouttelettes envoyées par un pistolet pneumatique, ce qui veut dire qu'une vrai cabine (plus masque de protection) sera beaucoup plus pratique que la technique que j'ai utilisée cette fois-ci. (J'avais mis les pièces sur une tournette dans l'évier.)

En passant, j'ai fait une brève recherche sur le web afin de voir si je pouvais trouver des outils semblables à ce que AI m'a donné, car il me l'a ramené du Japon. Pour l'instant, je n'en ai pas vu, mais je pense qu'un tel outil sera relativement facile à créer soi-même. Sinon, j'ai vu ces instructions pour la fabrication d'un pistolet pour émaillage qui utilise un gonfleur à pied pour la propulsion de l'air. En tout cas, j'aime bien ces solutions qui ne demandent pas de compresseur électrique. En ce qui concerne la cabine, on peut en acheter chez Solargil, ou la fabriquer soi-même. Cet article offre une excellente description de la cabine et des raisons pour lesquels c'est pratique, voir nécessaire, d'en avoir une.

Si vous, comme moi, envisagez de vous mettre à l'émaillage par pulvérisation, j'espère que cet article vous sera utile, et que vos objets seront réussis !