dimanche 26 avril 2015

Premiers jours à la pépinière-atelier céramique

Nous sommes à Ger ! Lundi nous (A., la chatte, et moi) avons passé notre première nuit dans notre nouveau chez-nous. Il y a beaucoup de choses à faire avant d'y être réellement installé.

Coté maison, nous résidons désormais dans une maison de potier construite au début du 19e siècle. Personne n'y a habité depuis quelques années, à part par des araignées. A. s'est transformé en tornade nettoyante; après son passage le sol brille. La chatte est déjà maîtresse des lieux; elle aime se planquer dans l'escalier. On ne la laisse pas sortir pour l'instant, parce qu'elle n'a pas l'habitude des jardins, mais pour l'instant elle regarde les oiseaux de la fenêtre avec beaucoup enthousiasme.

Coté atelier céramique, la terre que j'avais commandée y était déjà, et j'ai pu me mettre au tournage dès mardi. Je voudrais tourner des nouvelles formes avant les marchés d'été, et je sens qu'il faut me lancer maintenant si je veux avoir les pièces pour juillet/août.

Voici un premier aperçu de mon nouvel atelier.
 Je n'ai pas encore bien rangé toutes mes affaires, mais on voit 
que l'espace, les tables, et le tour (Shimpo - silencieux !) sont vraiment supers.

Ce n'est que le quatrième jour, mais le potentiel de la pépinière commence déjà à se matérialiser. Tout le monde est tellement accueillant. En particulier, D. m'a tout de suite proposé de faire une pièce en raku nu, et me donne tous les jours des conseils. Pour la cuisson raku nu, j'ai tourné une cruche et D. a tourné une jarre énorme. Il a déjà bien poli sa pièce, au point où on y voit presque le reflet de son visage. Je vous conseille de lire cet article sur le raku nu si vous, comme moi, n'avez jamais exploré cette technique.

Aussi, pour faire la suite de l'article précédent, voici une photo prise cette semaine qui montre l'évolution de la création de l'association Terres d'Echange.

Zoomez pour bien voir le personnage qui sort du hublot !

Il a bien progressé, non ?

Et enfin, je ferai remarquer à ceux qui me disaient qu'il pleut beaucoup en Normandie qu'il fait super beau :) Même ce matin quand il y avait de la brume au lieu du soleil, c'était comme un paysage de conte-de-fées. On entend le chant des oiseaux toute la journée et il y a des arbres fleurissants juste en dehors de notre cuisine.


Je suis ravie d'être ici au printemps !

jeudi 2 avril 2015

Les JEMA à Ger - La Suite

Comme promis dans le billet précédent, voici des photos prises ce weekend lors des JEMA au Musée régional de la poterie à Ger.

Pour l’événement, les céramistes membres de l'association Terres d'Echange ont travaillé sur une sculpture monumentale, avec un squelette en métal recouvert ensuite d'argile.

L'équipe est arrivée avec trois bidons. Ils ont rempli le premier d'eau et découpé un cercle dans chacun des bidons suivants. Ensuite, un des bidons troués a été placé sur le bidon plein.


Cette structure a été renforcée par des barres de fer et des points de soudure.


Un chapeau a été fixé sur le dernier bidon...

 
... qui a été rajouté sur les deux premiers. La fusée 
a commencé à prendre forme.


Ensuite, du grillage a été fixé sur la structure afin
de soutenir la première couche de terre.

Pendant ce temps, d'autres personnes ont travaillé sur un mélange de terre et de papier. Les fibres de cellulose dans la terre renforcent les objets crées avec cet argile; ainsi avec de la terre papier on peut faire des formes plus hautes tout en gardant des parois fines. On peut acheter des pains de terre de ce type chez les fournisseurs (par exemple, chez Solargil) mais on peut également la fabriquer soi-même. La première étape était de tremper du papier toilette dans des seaux d'eau et de malaxer le mélange pour obtenir une consistance homogène.


Ensuite, on a fait un mélange de faïence en poudre, d'eau, et de ce papier afin d'obtenir une pâte rélativement épaisse, mais plus humide que la terre qu'on achète en pain chez les fournisseurs. J'ai oublié de prendre des photos de cette étape - quand j'y ai pensé, j'avais déjà les bras couverts de boue rouge, car on la malaxé à la main.

Après, on s'est mis à recouvrir la structure. Le grillage était déjà couvert quand j'ai eu la présence d'esprit de me laver les mains et de prendre quelques photos. L'équipe avait déjà mis quelques bâches de protection, car la pluie était prévue pour le soir.




Avec A., on a du partir dimanche matin, donc on a raté les phases de finition. Mais le plan était de rajouter des décorations et de faire sortir des figures des trous dans le corps de la fusée. Il était également prévu de peindre la création avec des couleurs acryliques. J'ai hâte de revenir pour admirer le résultat final !

dimanche 15 mars 2015

Les JEMA à Ger

C'est le moment de réserver le 27, 28, ou 29 mars sur votre calendrier, afin d'assister aux Journées Européennes de Métiers d'Art au Musée régional de la poterie, à Ger !


Au cours de ces trois jours, l'association Terres d’échange réalisera une sculpture monumentale en terre crue montée selon différentes techniques de façonnage : tournage, travail à la plaque et aux colombins, estampage, modelage dans la masse, préparation de terre cellulosique, collage et assemblage. (Plus d'infos ici.)


Mes deux ans à la pépinière ne commencent que le 20 avril, mais A. et moi passerons déjà le weekend des JEMA au musée. J'ai hâte d'assister à la création de la sculpture monumentale, et je ne manquerai pas de mettre des photos sur le blog pour ceux qui ne peuvent pas y aller. Pour ceux qui y iront, ça sera l'occasion de faire connaissance !

Et si vous ne pouvez pas participer aux animations à Ger, sachez que lors des JEMA  il y a des portes ouvertes dans des ateliers par tout en France (et dans certains autres pays européens.) Suivez le lien si vous chercher des ateliers à visiter près de chez vous !

vendredi 6 mars 2015

Emaillage par pulvérisation

Jusqu'à présent, j'ai émaillé les pièces en les trempant dans un bain d'émail. Technique simple, car on n'a qu'à plonger les pièces dans le seau d'émail. Mais elle est également compliquée par les problèmes suivants :
  • Comment éviter les traces de doigts ? On peut tenir les pièces avec des pinces, mais je n'ai jamais aimé cette technique. Je fini par tremper les pièces en deux temps, ce qui évite les traces de doigts, mais crée souvent des inégalités au niveau de l'épaisseur de la couche d'émail.
  • Comment gérer une pièce qui est plus grande que le seau ? Comment faire quand l'émail est pratiquement épuisée et qu'il ne reste pas assez de profondeur dans le seau ? On peut contourner ces problèmes en versant l'émail sur l'objet, mais là encore, on risque d'avoir des épaisseurs différentes.
Sachant qu'on obtient une couche d'émail plus uniforme avec un pistolet à peinture à air comprimé, j'imaginais qu'un jour  j'aurais ce genre d'équipement. Mais je n'avais pas prévu d'en acheter dans l'immédiat, faute de cabine d'émaillage dans mon atelier actuel. Puis, cette année pour Noël, AI m'a donné un pulvérisateur manuel.


 Il est composé d'un pot qui contient l'émail, un petit tube qui descend du couvercle et qui permet à l'émail de sortir du pot, et d'une "paille". Quand on souffle dans la paille, une pluie fine d'émail est projetée sur l'objet.


J'ai utilisé cet outil pour la première fois lors de ma dernière séance d'émaillage. 
Voici les résultats :

Soliflores, sur ALM - Shigaraki et émail Iga

Vase, sur ALM 
Grès de St Amand et émaux tenmoku & transparent craquelé

Je trouve ces premiers objets émaillés au pistolet (enfin, à la paille) très encourageants ! J'ai très envie de continuer avec cette technique, sur toute sortes de formes.

Je suis également ravie de savoir que je vais pouvoir expérimenter plus avec l'émaillage en pulvérisation à la pépinière, car là-bas je disposerai d'une cabine d'émaillage ! La vapeur d'émail émise par mon nouvel outil artisanal est aussi nocive que le gouttelettes envoyées par un pistolet pneumatique, ce qui veut dire qu'une vrai cabine (plus masque de protection) sera beaucoup plus pratique que la technique que j'ai utilisée cette fois-ci. (J'avais mis les pièces sur une tournette dans l'évier.)

En passant, j'ai fait une brève recherche sur le web afin de voir si je pouvais trouver des outils semblables à ce que AI m'a donné, car il me l'a ramené du Japon. Pour l'instant, je n'en ai pas vu, mais je pense qu'un tel outil sera relativement facile à créer soi-même. Sinon, j'ai vu ces instructions pour la fabrication d'un pistolet pour émaillage qui utilise un gonfleur à pied pour la propulsion de l'air. En tout cas, j'aime bien ces solutions qui ne demandent pas de compresseur électrique. En ce qui concerne la cabine, on peut en acheter chez Solargil, ou la fabriquer soi-même. Cet article offre une excellente description de la cabine et des raisons pour lesquels c'est pratique, voir nécessaire, d'en avoir une.

Si vous, comme moi, envisagez de vous mettre à l'émaillage par pulvérisation, j'espère que cet article vous sera utile, et que vos objets seront réussis !

mardi 17 février 2015

Pépinière

Le musée régional de la poterie près de Ger a accepté ma candidature à leur pépinière !
Il y a quelques mois, j'ai répondu à un appel à candidature que j'ai vu sur le site des Ateliers d'Art de France. L’heureux lauréat passerait 23 mois au Placitre, un ancien hameau de potiers à coté de Ger, Normandie, un lieu qui est aujourd'hui un musée et centre de promotion de la céramique. J'ai récemment visité le site afin de passer un entretien avec la comité de sélection... qui m'a choisie ! Ca veut dire que j'aurai presque deux ans sur place pendant lesquels je vais pouvoir développer mon activté de céramiste, contribuer au programme du musée, et créer un réseau dans la Manche.

Je sais, c'est étonnant. Jusq'au présent, je parlais des allée-retours entre Paris et Biarritz. Maintenant, d'un coup, on parle de la Manche. J'explique : J'avais postulé il y a longtemps pour la pépinière. Je n'ai pas été choisi et je voulais absolument partir de Paris. Il y avait des travaux dans notre appartement, nécessaires à la vente et nous empêchant d'y vivre. Nous sommes partis à Biarritz. Peu après, j'ai appris qu'il y avait une deuxième appel aux candidatures. J'ai re-postulé, malgré notre déménagement, car l'opportunité qui représente la pépinière était trop intéressante pour ne pas tenter ma chance.

Mardi matin deux personnes du musée sont venu me prendre à la gare de Vire, et j'ai pu passer deux jours sur le site. Ainsi j'ai pu rencontrer l'équipe du musée et j'ai même suivi une visite guidée pour des écoliers. Quand les classes viennent, la moitié des enfants font un cour de modelage pendant que l'autre moitié visite. Ensuite, ceux qui ont déjà fait du modelage font la visite, et vice-versa. Les cours de modelage sont encadrés par les deux potiers employés par le musée. Ils sont responsables de nombreuses activités avec les écoles et d'autres groupes des environs.


Ici on voit l'ancien four du hameau. Les pièces destinées à être étanches étaient placées dans le tunnel (sous le toit) et cuisaient à plus de 1200° tandis ce que les pièces dans les chambres superposées (la partie arrière) recevaient moins de chaleur et n'étaient pas forcement étanches.

Pour en savoir plus sur le four, consultez l'article source de cette image. 

La visite du musée permet d'imaginer l'activité quasi-industriel du 19e siècle, mais tissé également un lien entre ce passé et la céramique actuel. Il y a une petite collection de pièces modernes et la boutique du musée offre des objets faits par les céramistes de la Manche. Le musée anime plusieurs événements, dont l’événement phare est en août : une soirée feu suivi par un marché de potiers.

Mercredi matin il a néigé.


C'était très beau. Il faisait très froid. 

Nous avons trois mois devant nous avant de nous installer au Placitre. D'ici là, A et moi, nous aurions le temps de nous organiser et j'aurais le temps de vous en dire plus sur la pépinière. Pour l'instant, il suffit de dire qu'une nouvelle porte s'ouvre, et nous affranchissons le seuil.


post scriptum
J'ai épuissé la terre Shigaraki.


Parmi les argiles que j'ai pu rencontrer, celle-çi est le plus à tourner.



samedi 7 février 2015

Khnoum Knolling

Vous avez jusqu'au 18 février pour participer au concours  du magazine Australian Ceramics !

Concours de céramique ? Pas exactement. Il s'agit d'un concours de Knolling. Qu'est-ce que c'est que le knolling ? C'est la pratique d'organiser une série d'objets qui sont liés par un thème commun sur un plan rectangulaire. Bref, si vous tapez "knolling" dans google images, vous verrez tout de suite ce que je veux dire. Pour le concours d'Australian Ceramics, il s'agit de prendre une photo de ses céramiques en suivant cette méthodologie.

Voici la photo donnée comme exemple par Australian Ceramics :


"C'est ludique ! Je vais le faire, et ça va me prendre une petite heure !" que je me disais. Euh, non. En fait, ça devient rapidement obsessionnel et tu passes des heures à positionner des objets dans diverses positions. Après quelques heures, tu demandes au chat, "c'est bien comme ça ?"



Le chat jette un œil critique sur ton travail, te dit "miaou" et tu reprends.

Voici d'autres essais :



Et voici l'image que j'ai choisi d'envoyer pour le concours :


C'est un exercice intéressant d'organiser son travail et de regarder les objets du point de vue d'un oiseau.

Essayez, c'est génial ! ...mais vous risquez d'y passer des heures ;)

dimanche 18 janvier 2015

Le va-et-vient

En attendant de savoir où exactement je vais transporter mon tour et mon four, on bascule entre deux villes.
D'un coté, Biarritz...
...où les couleurs perpétuellement changeants de la mer et du ciel me font rêver de créer des émaux d'aspect brillant mais naturel.


...où on respire mieux.
...où il pleut pendant que le soleil brille. Bonne excuse de se poser sur le canapé avec le nouveau bol à thé et un cinnamon bun (voici la recette - elle est excellente !)


Ce bol à été dans un billet précédent, montré à la phase biscuit. Il s'est passé un truc intéressant à la deuxième cuisson : des petites gouttes blanches ont suinté de la partie basse (et non-émaillé) de l'extérieur, donnant un aspect un peu rugueux qui est agréable au niveau tactile.

De l'autre coté, Paris...
...où la vente de notre appartement semble se concrétiser, mais rien n'est certain tant que les documents ne seront pas signés.
...où je retrouve mon tour sur lequel j'ai commencé quelques mugs ce matin.


On me dit souvent qu'il doit être difficile de refaire la même forme plusieurs fois. Mais si on commence avec la même masse de terre pour chaque objet, on finit par faire des objets de la même taille.

Une paire de concaves, une paire de convexes.

J'attends avec impatience que ces objets soient assez solides pour y attacher les anses.

Par le passé, j'ai fait les mugs que l'on voit ici en couleur. Depuis leur départ de mon étagère, je pensais refaire ces séries, car les deux formes m'ont bien plu et ont eu du succès.
Donc je vais créer la même chose, mais en plus grand, car les mugs ci-dessus étaient un peu petit. Ça fait partie de mon plan de faire des objets de toutes sortes avec l'empreinte d'une coque, étant donné que ce sont parmi les pièces qui plaisent le plus aux autres. Et pourquoi ? Peut-être pour la même raison qu'on se penche à la plage pour ramasser un coquillage.