mercredi 15 juillet 2015

Moule à plâtre pour estampage

P. est le maître des moules à plâtre pour l'estampage ! Il a partagé ses connaissances avec A.B., A., et moi. Je vais maintenant partager les étapes de la création d'un moule à plâtre pour estampage avec vous. Ce genre de moule permet de faire des pièces creuses en série. Attention - il ne s'agit pas d'un moule pour faire du coulage produisant des formes pleines.

1. Choisir la forme à produire et créer un modèle en terre.
P. m'a conseillé de commencer par une forme simple. Les formes compliquées peuvent nécessiter un moule à pièces ; c'est à dire, un moule composé de plusieurs morceaux.
Du coup, j'ai choisi une forme extrêmement simple et versatile. À partir de cet objet je vais pouvoir faire des petits vases, des tirelires, des porte encens en forme de chibi totoro, etc.


2. Tracer le plan de joint
Un moule pour ce genre d'objet simple est composé de deux blocs de plâtre. Sur le modèle, il faut tracer le plan de joint, c'est à dire, l'endroit où les deux moitiés du moule se rencontreront. En définissant cette ligne, il faut prêter attention aux bosses et aux creux de la forme. Pour que les deux moitiés se séparent correctement, cette ligne doit passer par les extrémités de la forme et éviter les creux.


Quand on a une forme compliquée, il se peut qu'on ne puisse pas se contenter d'une seule ligne. Dans ce cas, soit on décide de simplifier le modèle en remplissant les creux (mais ça veut dire que les objets créés avec le moule auront besoin de finitions), soit on décide de faire un moule à pièces.

3. Entourer le modèle avec la terre d'enterrage
Avant de faire couler le plâtre autour de la forme, il faut l'entourer d'argile jusqu'à la ligne du plan de joint. 


Ainsi, la première moitié du plâtre s'arrêtera à cette ligne. Il faut également dessiner un creux qui servira de clé indiquant le sens dans lequel les deux moitiés du moule se rencontrent et qui maintient les deux morceaux du moule en place lors de son utilisation.


4. Faire couler le plâtre
Une fois le plan de joint bien défini par la terre d'enterrage, la pièce est posée sur une planche et encadrée d'autres planches. Ensuite, on scelle les joints avec de l'argile afin de créer un cadre étanche autour de l'objet. On va faire couler le plâtre dans ce cadre. Il est pratique de tracer une ligne à l'intérieur du cadre afin de démarquer la hauteur souhaité pour le plâtre (4 à 6 cm au dessus de la pièce.)


Ensuite on mélange le plâtre. On rempli un bol d'eau et on y rajoute le plâtre à fleur d'eau - c'est à dire, jusqu'à ce qu'il effleure la surface.


Ensuite on mélange à la main en faisant attention de bien incorporer toute la poudre sans rajouter de bulles d'air. Après, on attend. Rapidement le plâtre va commencer à prendre. Quand il reste épais sur un doigt (comme de la pâte à crêpes) il est de la bonne consistance.


Il faut rapidement verser le plâtre jusqu'à la ligne dans le cadre de planches, tout en évitant d'introduire de l'air dans le plâtre. On peut faire passer un bâton dans le plâtre afin d'éclater les bulles.


4. Démoulage et attente
Le plâtre durci rapidement. Après environ 10 minutes, on peut enlever les planches et la terre d'enterrage.


Le plâtre se met à chauffer tout seul - c'est impressionnant ! À ce stade on doit attendre quelques heures avant de continuer.
Il est à noter qu'il faut éviter de réutiliser la terre d'enterrage pour autre chose que des plâtres, car il peut y avoir des débris de plâtre qui causeront de la casse à la cuisson.

5. Préparations avant le coulage de la deuxième moitié du moule
Avant de faire l'autre moitié du moule, on nettoie la première. On gratte au niveau du plan de joint et de la clé pour s'assurer que le mariage avec l'autre moitié se ferra correctement.



On va de nouveau verser du plâtre sur le modèle, mais cette fois-ci on le verse non pas sur une terre d'enterrage, mais sur le premier plâtre. Du coup, il faut étaler de la lubricerafine sur la surface de la première moité du moule avec un pinceau. Ce produit permet d'éviter que la deuxième moitié colle à la première


6. Faire couler le plâtre
On répète les étapes 3 et 4.

7. Enlever le modèle, peaufiner le moule
Quand la deuxième moitié du moule aura fini de chauffer, on peut séparer les deux moitiés et enlever le modèle. En grattant un peu, on enlève toutes les aspérités qu'il peut y avoir sur la nouvelle moitié du moule.


Et ensuite ?
Ensuite, on se lance à la création avec son moule ! Mais ça, je ne l'ai pas encore fait. Du coup, je ferrai l'expérience dans les jours qui viennent et je vous dirai ce que ça donne dans un prochain billet.

samedi 4 juillet 2015

Un artiste quitte la Manche

D. est parti à pied mardi soir. Ça doit déjà faire 30 min en vélo d'ici à Sourdeval, donc une belle ballade à pied. Je peux comprendre son désir de prendre le temps en marchant, de profiter pleinement du lieu avant d'entamer ses aventures à l'Est.

Ici, le soir tombe doucement. Les couleurs traversent le ciel comme des gouttes d'encre se mêlant à l'eau. La lune, énorme, se lève quand les dernières traces rosées du soleil parcourent encore l'horizon occidental.

Je regrette d'être arrivée ici seulement à la fin du séjour de D. Ou, plutôt, je suis ravie d'être arrivée à temps pour le rencontrer. Dès la première semaine à la pépinière, mes expériences ici ont été dynamisées par son énergie, et j'espère être à la hauteur de ses conseils. C'est à dire : refaire des raku nu, tester des recettes d'émaux, construire un four à bois (etc. !)

J'espère avoir des nouvelles de D. de temps en temps. Il est constamment à la recherche de nouveaux défis en céramique et je suis curieuse de savoir dans quelle direction il va avancer ! Je vais vous laisser avec une image de son travail récent, aperçu qui vous donnera surement aussi envie de savoir ce qu'il créera dans l'avenir !

Ce pôt vous plait ? Vous en trouverez d'autres ici !




dimanche 14 juin 2015

Châteaux en céramique

Mes châteaux sont sortis du four ! J'en ai fait deux. L'un est une fontaine et l'autre est un photophore.

La fontaine est composée de trois tours. 


L'eau doit sortir par un trou dans la première tour, pour ensuite se déverser dans la deuxième et ensuite la troisième. Je n'ai pas encore testé la fontaine, car je dois finir le support qui contiendra l'eau et assembler la pompe.

J'ai passé pas mal de temps sur les détails...


Si ça marche avec la pompe, j'ai dans l'idée de continuer à faire des tours de ce genre pour ensuite proposer aux gens de composer leurs propres châteaux à partir des celles qui leur plaisent le plus.

Et voici la version photophore :

La partie ronde vient couvrir la dernière bougie sur la gauche.

Difficile (pour moi, en tout cas) de prendre une belle photo montrant à quoi ça ressemble une fois allumé. Dans la réalité, c'est pas mal.


Gros plan de la partie bombée... je me suis bien amusée avec la décoration !


Si les photos vous plaisent et vous souhaiter voir les châteaux en vrai, venez à l'inauguration de la pépinière ou à la soirée du feu !

lundi 8 juin 2015

Poteries dans le potager

Nous avons acheté une pelle dans une brocante, et A. m'a aidé à retourner la terre sur une partie du jardin destinée à devenir le potager. Je n'ai pas de grandes aspirations pour le potager car je m'y mets tardivement et avec peu d'expérience : quand on habitait en ville, une baignoire remplie de terreau me servait de jardin. Il me reste des graines de radis, de la roquette, du mesclun... on verra ce que ça donne !

En préparant la terre pour le semis, nous avons enlevé quelques cailloux... et de nombreux fragments de poterie ! Immédiatement, le potager s'est transformé en fouille archéologique ! Bon, d'accord, je sais que tout le monde dans ce coin trouve des bouts de poteries dans leur jardin et que les tessons que j'ai trouvé ne sont pas des exemples extraordinaires, surtout comparés à ce qu'on peut voir au musée. Mais ça me fait tout de même énormément plaisir de les trouver ! Je me dis que je tiens un bout d'histoire entre mes mains. Je me dis que par le passé les gens se servaient vraiment de poteries artisanales au quotidien. Je n'ai trouvé qu'un seul (petit) morceau de plastique !


Tiens, je ne suis pas la seule à profiter du beau temps.


Et que se passe t'il dans l'atelier ? Tournage, émaillage, cuissons à gogo...  Je vous laisse avec une image des photophores récemment sortis du four.



samedi 30 mai 2015

Premières poteries de la pépinière

Cette semaine, j'ai défourné ma première cuisson émail !

J'ai décidé d'émailler avec mon émail craquelé, mon bleu, mon vert, et deux émaux de Solargil (blanc et vert cristallisé). Mes pièces étaient en grès blanc ou en grès roux chamotté. Ici, à la pépinière, je peux émailler au pistolet, ce qui est pour moi une nouveauté (voir ce billet). Dans les fours du musée, je peux également enfourner plus d'objets à la fois. Nouveau four, nouvelle terre, nouvelle technique d'émaillage... je n'étais pas sûre de ce que j'allais avoir comme résultat.

La caverne d'Ali Baba

Il s'avère que sur le nouveau grès roux, mon émail craquelé donne une espèce de rose. La couche d'émail est régulière, mais je ne suis pas sûre d'aimer la couleur.

Ça me plait tout de suite plus si j'y mets des fleurs !

Mon vert me satisfait, mais je ne m'en suis pas encore beaucoup servi, donc pas de photos cette-fois-ci.

Je suis déçue par mon bleu. On voit tout de suite les inégalités de la couche d'émail et il a des trous d'épingle.


Je pense qu'en plus de mon manque d'expérience avec le pistolet, l'émail lui même laisse à désirer. D. m'a conseillé de revoir ma recette et m'a donné quelques pistes d'amélioration à suivre.

Le vert cristallisé de Solargil a donné de bons résultats sur les tirelires en grès blanc. Sur le poisson, j'ai également pulvérisé un peu de blanc par dessus le vert cristallisé.


Mes mugs couvert du même vert cristallisé ne sont pas réussis; la couche d'émail n'est pas uniforme et je ne m'attendais pas à un résultat si terne. 


En ce qui concerne ces mugs, c'était autant un test de forme que d'émail. Je suis contente de la taille de ces mugs ainsi que des anses tordues. Cela dit, bien que la prise en main soit parfaite pour moi, pour A. l'anse est trop petite. Je pense que pour la prochaine série je vais faire des mugs dont l'anse n'est torsadée que sur le haut.

Le blanc de Solargil est une valeur sûre. Etant satisfaite de cette série, je vais tourner plus d'objets dans le même genre.


Je me demande quels seront les émaux qui plairont le plus au public cet été sur les marchés. Personnellement, je préfère des émaux qui donnent à l'objet un effet naturel. Si, en regardant un objet en céramique, je peux m'imaginer de le trouver au bord d'un ruisseau ou poussant sur un arbre, il sera agréable à mon œil. ...et cela n'exclut pas les couleurs brillantes et éclatantes.

En termes de couleurs, la Nature est imbattable !
 Nous avons vu cette merveille en nous baladons à la Tourbière de la Lande Mouton près de Ger. 




jeudi 21 mai 2015

Nouveau Logo pour Atelier Khnoum

La semaine dernière, G. m'a proposé de mettre en place trois panneaux annonçant la présence de mon atelier, avec le nom de l'atelier et un logo. Génial ! Mais comme je n'avais pas encore de logo, j'ai du en créer un.

Quand on ne sais pas faire quelque chose, il suffit chercher sur internet et on trouve des articles sur le sujet. Comme celui-ci, qui décrit le procédé pour la création d'un logo. J'ai appris qu'un logo doit être simple et mémorable. Il faut décider si on y inclut le nom de son entreprise ou pas. C'est comme un tatouage : il faut choisir quelque chose qui nous plaira dans 10 ans.

J'ai gribouillé des images sur le dos d'un papier trouvé dans la cuisine, mais il me fallait une version numérisée. J'ai appris que le mieux serait d'utiliser un logiciel de dessin vectoriel, et que Project Inkscape est un logiciel de ce type qui est open source (c'est à dire, gratuit.) Il y a quelques années, j'aurais hésité à utiliser un logiciel que je ne connaissais pas, persuadée que j'aurais eu du mal. Maintenant je n'hésite plus : on trouve des tutoriels en ligne expliquant les fonctionnalités et un nouveau logiciel fonctionnera probablement un peu comme un logiciel que je connais déjà. C'est le cas pour Inkscape qui ressemble à Gimp, donc j'ai pu m'en sortir en faisant des choses simples. Aussi, A. m'a beaucoup aidé : il m'a poussée à utiliser des fonctionnalités que je n'aurais pas découvert autrement et quand il me donne un coup de main, c'est plus ludique que de chercher dans un tutoriel. Il a également été (comme d'hab) mon conseiller artistique.

Comme je suis novice dans ce genre de chose, j'ai fait quinze mille versions avant de choisir une version finale :


Et ensuite, j'ai passé du temps à faire une version sans texte et en couleur pour mon avatar...

trop pixelisé ??

...et une version en bannière pour ALM et pour mon site web. Mais je dois admettre que je n'ai pas encore mis la bannière sur mon site. Ça prend du temps, tout ça - et au choix, je préférerais avoir les mains dans la terre !

La dernière chose qu'ils conseillent dans les articles sur la création de logo c'est de demander l'avis des autres. Vos commentaires sont les bienvenus !





lundi 11 mai 2015

Céramiques dans la boutique

Ça y est, je peux vous inviter à retrouver mes céramiques dans la boutique du Musée régional de la poterie à Ger !


Bientôt j'aurai également aménagé ma propre boutique, qui sera à coté de mon atelier. Mais pour ce faire, je vais devoir produire de nouvelles pièces - autrement je n'aurai pas assez de choses pour remplir l'espace ! De plus, il me faut du stock non seulement pour la boutique ici, mais aussi pour les marchés et pour le dépôt vente.

Depuis notre arrivée j'ai surtout travaillé sur des luminaires et sur une série d'objets avec des anses torsadées.


Je poursuis également la création de châteaux-fontaines :

L'eau sort en haut de la grande tour et coule de tour en tour.

Et A. s'active dans l'atelier aussi. Entre autres, il a créé une série de tampons très sympathiques. Certains sont spécialement conçus pour mes cours avec les enfants (le bonhomme, le smiley) tandis que d'autres devraient permettre de faire des bordures entrelacées sur les poteries. 


L'accueil au Musée continue d'être super. Plusieurs membres de l'équipe m'ont aidé avec l'installation des objets dans la boutique, D. m'a aidé à lancer ma première cuisson  (biscuit) dans l'un des fours du musée, et P. a offert de me montrer la technique de fabrication des moules en plâtre ! Il m'a expliqué quel type de forme je devais faire pour cette expérience, le mieux étant de commencer par une forme simple. Voici donc la forme que j'ai créée :


J'ai hâte que la pièce sèche afin qu'on puisse faire la séance de moulage !